CANCERS AU FÉMININ

Le cancer du sein se soigne de mieux en mieux et la recherche progresse, même pour les cancers difficiles. Mais le dépistage augmente beaucoup les chances de guérison.

En attendant d’en savoir plus sur le sujet, des études publiées dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) montrent que les Français dorment mal ou pas assez. Octobre est, cette année encore, le mois de mobilisation nationale contre le cancer du sein, le plus fréquent des cancers de la femme, qui a augmenté de 138 % entre 1980 et 2005. Cette forte augmentation s’explique en partie par l’allongement de la durée de la vie et le développement du dépistage, mais aussi, selon certains travaux de recherche, par l’évolution de facteurs de risque comme l’âge plus tardif de la première grossesse et les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause. L’arrêt de cette progression depuis 2004, correspondant à la désaffection des femmes vis-à-vis des THS, va dans ce sens, mais cette impression demande à être confirmée.

Dépisté trop tardivement

Contrairement à ce que l’on croit, 11 000 femmes meurent encore du cancer du sein chaque année. En partie parce que beaucoup sont détectés tardivement. Or, dépisté à un stade précoce, le cancer du sein peut non seulement être guéri dans plus de 90 % des cas, mais aussi être soigné par des traitements moins agressifs entraînant moins de séquelles. Malheureusement, les derniers chiffres de l’Institut de veille sanitaire (InVS) indiquent que le dépistage stagne à 52 %.

Octobre rose

C’est pourquoi l’Inca (Institut national du cancer) a décidé de lancer une nouvelle campagne d’information à l’occasion d’Octobre rose. Il rappelle notamment que le dépistage est recommandé aux femmes à partir de 50 ans et que la mammographie est prise en charge à 100 % (sans avance de frais) dans le cadre du programme de dépistage jusqu’à 74 ans. De son côté, l’Institut Curie, centre hospitalier de référence pour le cancer du sein et le plus grand centre de recherche français en cancérologie, se mobilise durant tout le mois d’octobre, notamment à travers Radio Curie et une vente aux enchères caritative « Des femmes donnent aux femmes ».

DEPISTER ET TRAITER PLUS TÔT

Les traitements sont de plus en plus fins et personnalisés mais, pour en bénéficier pleinement, la tumeur, quelle que soit sa localisation, doit être détectée le plus tôt possible.

Les progrès réalisés ces dernières années se situent aussi bien dans les techniques de dépistage que dans les traitements.

Cancer du sein

Quelques exemples de traitements actuels.

  • Chirurgie
    L’ablation de la tumeur est le traitement de première intention quand le cancer n’est pas métastatique, mais chaque région mammaire a sa technique chirurgicale, elle-même adaptée à chaque situation. La tumorectomie (sans enlever le sein) suffit quand le diagnostic est suffisamment précoce alors que la mastectomie (ablation totale en laissant les muscles pectoraux) s’impose en raison de la taille tumorale, de l’existence de foyers tumoraux multiples ou de cellules tumorales disséminées dans le sein. Une chimiothérapie néo-adjuvante, c’est-à-dire administrée avant la chirurgie, est cependant nécessaire dans 20 % des cas. Par ailleurs, la technique du ganglion sentinelle, systématique quand la tumeur fait moins de 2 cm, permet d’éviter les risques de lymphœdème (gros bras).
  • Radiothérapie
    Sur-mesure, elle est à la fois plus efficace et allégée, avec des doses d’irradiation plus élevées mais sur une durée plus courte.
  • Hormonothérapie, nouvelles thérapies ciblées
    Elles permettent de personnaliser le traitement contre tels ou tels récepteurs hormonaux, identifiés grâce à des tests de plus en plus performants, car les tumeurs du sein diffèrent énormément.
  • Tests génétiques
    On sait dépister les femmes à haut risque familial dû à une mutation d’un des deux gènes de prédisposition au cancer du sein ou de l’ovaire, BRCA1 ou BRCA2.
  • Diagnostic
    De nouvelles méthodes, plus précises et plus complètes, devraient prochainement supplanter l’IRM dans certaines indications : l’angio-mammographie et la tomosynthèse en mammographie.

Autres cancers féminins

  • Col de l’utérus
    À un stade avancé, l’espoir vient d’une association chimiothérapie + bevacizumab, médicament qui bloque le facteur de croissance à l’origine de la formation de néovaisseaux alimentant la tumeur. Mais la meilleure arme est la prévention : frottis réguliers et pour les jeunes filles vaccination anti-HPV (papillomavirus responsables de lésions pouvant dégénérer).
  • Endomètre
    C’est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Ce cancer est souvent diagnostiqué au début, en général après la ménopause, et guérissable alors dans 85 % des cas après traitement.
  • Ovaire
    Dépisté souvent tard, il bénéficie de peu de traitements. En Suisse, les premiers résultats d’immunothérapie, visant à apprendre au système immunitaire de patientes atteintes à se défendre contre leur propre cancer, sont prometteurs.

Contacts

Associations

  • Ligue contre le cancer finance la recherche, aide les malades et leurs proches, promeut les dépistages. Tél. : 01 53 55 24 00 www.ligue-cancer.net
  • Fondation ARC pour la recherche sur le cancer soutient la recherche et informe sur les progrès de la cancérologie. Tél. : 01 45 59 59 59 www.arc-cancer.net
Radio
  • Deuxième édition de Radio Curie du 1er au 31 octobre, seule webradio interactive sur les cancers du sein en Europe : radio.curie.fr. On peut envoyer remarques ou questions.


Conseils de pharmacien

  • Phytothérapie. Elle peut être utile pour combattre les effets secondaires spécifiques de chaque molécule de chimiothérapie. Par exemple, la bourrache, le mélilot et les pépins de raisin limitent les accidents thromboemboliques et les troubles visuels du tamoxifène.
  • À éviter, les antiacides à base d’hydroxydes de magnésium et inhibiteurs de la pompe à protons (sans ordonnance), en raison du risque d’interaction avec la chimiothérapie. Une solution filmogène (en pharmacie), appliquée pendant toute la durée du traitement et 3 mois après l’arrêt permet d’éviter d’avoir les ongles abîmés par la radiothérapie.
  • Gel crème à base de lithium-manganèse. Il contribue à réparer la peau desséchée et irritée par la radiothérapie, à appliquer 2 à 3 fois par jour.


Avis d'expert

Laëtitia Mendes,Conseil en image bénévole

« J’ai perdu ma mère très jeune d’un cancer du sein et j’ai subi une mammectomie préventive bilatérale.»

Comment cette ablation préventive des deux seins a-t-elle été décidée ?

Ma mère est morte d’un cancer du sein foudroyant, et je suis aussi porteuse du gène BRCA2. Plus radicale qu’un suivi semestriel, j’ai opté pour la mammectomie préventive, encore non reconnue en France. Le Dr Fitoussi, à l’Institut Curie, m’a comprise. Après un suivi psychologique de 6 mois, le geste étant irrévocable, j’ai été la plus jeune femme à subir une mammectomie préventive bilatérale en 2008. Je redoutais un surcroît de douleurs avec la reconstruction concomitante à l’ablation, mais c’était la bonne décision. Aréoles et mamelons, peu exposés aux risques de cancérisation, ont été conservés. Le résultat est satisfaisant. La perte de sensibilité au niveau de la poitrine s’atténue peu à peu.

Vous avez décidé de faire profiter les autres de votre expérience…

J’anime bénévolement à l’Institut Curie des ateliers de conseil en image pour les femmes qui, à cause d’un cancer ou d'une autre maladie, ont du mal à accepter les changements physiques. Je veux les informer et les aider (agencecharism@gmail.com).


AMÉLIORER L’APRÈS-CANCER

Une surveillance régulière ne suffit pas, agissez pour éviter les récidives et réapprendre à mener une vie normale malgré les séquelles du cancer.

Une reconstruction mammaire est proposée aux 30 % de femmes qui subissent une ablation partielle ou complète d’un sein. Les unes peuvent en bénéficier au cours de la même intervention. Pour d’autres, il faut attendre de 6 à 8 mois après la fin des autres traitements, notamment de radiothérapie, pour laisser le temps à la peau de cicatriser. Certaines se décident des années plus tard, mais c’est toujours possible.

Moins de rechutes

Après la rémission, une surveillance est indispensable, mais l’hygiène de vie est aussi importante. Surpoids, alcool et tabac favorisent les cancers, y compris féminins, mais aussi les rechutes ! Pour retrouver la forme et en même temps réduire les risques de récidive, le mot d’ordre est : activité physique et alimentation équilibrée, en particulier riche en fruits et en légumes.

Cure thermale et lymphœdème

Cicatrices, prises de poids, douleurs persistantes, difficultés dans la vie intime et sexuelle… même quand le cancer est guéri, les séquelles sont difficiles à supporter. Le lymphœdème est une complication suivant la chirurgie ou la radiothérapie du cancer du sein (curage des ganglions), mais aussi de l’utérus et de l’ovaire, pénible et très visible. Le bras ou la jambe double ou triple de volume. Il peut apparaître très vite ou en quelques mois, voire 20 ans après l’intervention. En fait, le membre est fragilisé et il suffit d’un coup de soleil, d’un mouvement brusque, du port de charges lourdes pour favoriser l’engorgement de la lymphe dans le membre et la détérioration du réseau lymphatique. Cette complication est hélas peu prise en compte. Or le drainage lymphatique, la contention rigide et la compression élastique ne suffisent pas. Trop peu de femmes affligées d’un gros bras savent qu’il peut être pris en charge dans deux stations thermales des Hautes-Pyrénées : Luz-Saint-Sauveur* et Argelès-Gazost**. En plus des soins adaptés, les curistes apprennent la pose de bandages réducteurs, l’autodrainage manuel et se remobilisent. Le soulagement est tel qu’elles reviennent en général chaque année.
EVELYNE GOGIEN
* Tél. : 05 62 92 81 58, www.luz.org ** Tél. : 05 62 97 03 24, www.thermes-argeles.com

Programme Activ'

Après une phase pilote en 2012, l’Institut Curie déploie le programme Activ'* qui vise à réduire le risque de récidive du cancer du sein (jusqu’à 50 %). Il propose désormais des ateliers diététiques en plus de l’activité physique. « Les patientes qui viennent d’être traitées ont souvent des difficultés pour retourner à une vie la plus normale possible. Nous évaluons les besoins de chacune et leur proposons un programme sur-mesure pour les aider à adopter une bonne hygiène de vie et leur redonner confiance en leur corps. », explique le Dr Laure Copel, oncologue responsable du programme Activ'. Objectif : le généraliser aux 5 000 patientes de l’Institut Curie sous surveillance pour un cancer du sein.
* En partenariat avec AG2R La mondiale et le Groupe associatif Siel Bleu.

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